Crise forestière: Le dialogue de sourds se poursuit

Par 12:00 AM - 27 avril 2015
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Baie-Comeau, le 27 avril 2015 – Le scénario se répète dans le dossier de la crise forestière. Les industriels de la Côte-Nord se disent de nouveau insatisfaits des mesures additionnelles d’aide financière annoncées par le ministre Laurent Lessard vendredi dernier.

Roxanne Simard

Alors que le gouvernement présente les nouvelles mesures d’aide pour la récolte de la Tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) comme le résultat d’une entente avec les trois industriels, force est de constater que ces derniers ne sont pas du tout du même avis.

C’est un dialogue de sourds qui se poursuit depuis le début des négociations entre l’industrie forestière et le gouvernement. En effet, il s’agit du deuxième plan d’aide que le ministre propose à l’industrie pour diminuer le coût de la fibre et faciliter l’accès à la ressource, mais, pourtant, la situation stagne.

Insatisfaction

Du côté de Produits forestiers Résolu (PFR) le porte-parole, Karl Blackburn, qualifie ces mesures de nettement insuffisantes. «Les coûts supplémentaires pour la récolte de la tordeuse sont très importants et ces mesures ne viennent d’aucune façon régler le problème. Pour nous, l’aide passe de 0,96 $ à 1,11 $. On a gagné 15 cents. On assiste presque à un dialogue de sourds», lance-t-il.

Même si les rencontres entre les industriels et le gouvernement ont mené à une entente sur les grands principes, ce n’est pas le cas lorsque le gouvernement les quantifie. «Si c’était vraiment une entente avec les industriels que le gouvernement annonçait, ça se serait fait avec les industriels, non? Les trois industriels ont envoyé au ministre des réponses écrites précisant que c’était insuffisant et, là, il est revenu avec pratiquement les mêmes affaires. Je ne suis pas capable de comprendre», ajoute M. Blackburn.

Quant à Boisaco, le président Steeve St-Gelais, affirme que les données n’ont pas encore été totalement analysées, mais que, selon sa compréhension du dosser, ces mesures ne répondent pas à ce qui a été demandé.

«Nous allons faire une analyse fine, mais c’est clair que ça semble insuffisant. Même si c’est rétroactif, on prévoit garder l’ancienne formule. À moins que les analyses nous montrent le contraire, l’ancienne est plus avantageuse pour nous», explique M. St-Gelais.

Il précise toutefois qu’il prévoit continuer à travailler et à collaborer avec le gouvernement pour tenter d’amoindrir les impacts de la TBE.

Réactions du milieu

Au moment de l’annonce, les élus semblaient tout de même satisfaits de ces mesures. Selon le député de Réné-Lévesque, Marjolain Dufour, les 10 millions de dollars prévus pour les chemins multi-usages et le fonds de 170 M$ quoi doit permettre aux papetières de se diversifier sont intéressants pour PFR.

«C’est important de régionaliser le dossier. Ce n’est pas une finalité en soi, mais c’est un beau mouvement. […] Ils se sont entendus sur les principes et, là, ils vont continuer de discuter des modalités», note M. Dufour.

Pour Claude Martel, porte-parole du comité de la crise forestière, même si les propositions ne sont pas à la hauteur des attentes des industriels, il s’agit tout de même d’un petit pas en avant. «On voit une volonté politique de trouver une solution. J’espère que les rencontres vont se poursuivre. Ce qui me réjouit, c’est qu’il y a encore des discussions. J’attends d’avoir plus de détails sur l’analyse des mesures avant de me prononcer», affirme M. Martel.

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