Résolu dénonce l’attitude américaine

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Par Steeve Paradis

Baie-Comeau – Produits forestiers Résolu (PFR) dénonce « la taxe injuste » imposée par le Département américain du commerce sur le bois d’œuvre en provenance du Canada en guise de droits compensatoires. L’entreprise y voit un geste « qui vise encore à fragiliser l’industrie forestière canadienne ».

Pour Karl Blackburn, c’est un peu le jour de la marmotte. Il a l’impression d’avoir déjà joué dans ce film et en conséquence, l’issue est plus que prévisible.

« Depuis les 30 dernières années, à chaque fois que le Canada a eu l’occasion de se confronter au système américain devant les instances internationales du commerce, on a toujours eu gain de cause », a lancé le directeur principal, Affaires publiques et gouvernementales de l’entreprise au Canada. « Mais malgré tout ça, ils (les États-Unis) ont toujours voulu faire plier les genoux de l’industrie canadienne ».

Le porte-parole de Résolu, qui possède une papetière à Baie-Comeau et une scierie à Pointe-aux-Outardes, fait aussi valoir que les perdants d’une éventuelle crise du bois d’œuvre, ce seront les citoyens des communautés qui vivent de la forêt, pas les résidents des grands centres.

Si la moyenne des droits imposés tournent autour de 20 %, la facture qui sera dévolue à Produits forestiers Résolu sera un peu moins lourde. Le Département du Commerce des États-Unis a en effet fixé les droits compensatoires de l’entreprise à 12,82 %.

Garanties de prêts

M. Blackburn ne se fait pas alarmiste à court terme, mais souligne tout de même qu’une baisse substantielle des commandes pourrait évidemment avoir des impacts négatifs. Comme le reste de l’industrie, il dit « attendre un signal fort » du gouvernement fédéral, entre autres par des garanties de prêts aux entreprises les plus en difficulté.

Karl Blackburn a aussi fait valoir que les consommateurs américains qui construisent ou font construire leurs maisons « vont se voir contraints de payer leur bois beaucoup plus cher, et c’est leur propre industrie qui leur impose ça. Ça va être à leur détriment. Et de l’autre côté, si ça a un impact à la baisse sur les commandes au Canada, ce sont des communautés ici qui seront touchées. »

Le porte-parole de PFR n’a pas manqué non plus de rappeler que le pays ne cesse de répondre aux pressions américaines pour tenter d’éviter une nouvelle crise du bois d’œuvre, encore une fois sans succès.

« Pourtant, depuis 2013, le régime forestier québécois a été changé de fond en comble, principalement pour correspondre aux règles de plusieurs états américains, mais ça ne semble pas encore assez », a-t-il conclu.

 

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