Pointe-Lebel est dans la mire d’Hydro-Québec

Photo de Charlotte Paquet
Par Charlotte Paquet
Pointe-Lebel est dans la mire d’Hydro-Québec
Louis-Olivier Batty souligne que des discussions se tiennent pour doter les municipalités de Pointe-Lebel, Forestville, Les Escoumins et Port-Cartier de bornes électrique de recharge rapide. Photo courtoisie

Baie-Comeau – Hydro-Québec travaille fort pour développer le réseau de bornes électriques à recharge rapide sur la Côte-Nord. Ragueneau et Godbout devraient sabler le champagne d’ici le début de l’automne, mais des discussions se tiennent aussi en vue d’un partenariat du côté des municipalités de Pointe-Lebel, Forestville, Les Escoumins et Port-Cartier.

« En 2017, c’est clair que la Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue sont des endroits ciblés en priorité où on veut développer le réseau de bornes rapides », assure Louis-Olivier Batty, le porte-parole du Circuit électrique d’Hydro-Québec, qui compte 960 bornes de recharge à travers la province, dont 81 à 400 volts.

Actuellement, la Côte-Nord ne compte aucune borne de recharge rapide. Les deux premières seront celles de Ragueneau et de Godbout. La région est uniquement desservie par cinq bornes standard à 240 volts, qui nécessitent un délai de six à huit heures pour une recharge complète. Elles sont situées à la Maison du tourisme à Tadoussac, au restaurant St-Hubert à Baie-Comeau, à Manic-5 (deux bornes) et à l’Hôtel Fermont dans la municipalité du même nom.

Selon M. Batty, le degré d’avancement des discussions avec les quatre nouvelles localités ciblées est variable. « On me dit qu’à Forestville, ça semble bien avancé », souligne-t-il. Normalement, la municipalité de la Haute-Côte-Nord devrait être dotée d’une borne d’ici la fin de 2017.

Les échanges cheminent également très bien du côté de Pointe-Lebel, mais M. Batty croit davantage à une réalisation pour le début de la prochaine année. Il faudra probablement attendre aussi à 2018 pour Les Escoumins et « définitivement en 2018 » pour Port-Cartier.

Distance de 80 km

« Les bornes de recharge rapide, on les dispose principalement le long des axes routiers d’importance. On essaie qu’elles soient à 80 km de distance de part et d’autre », souligne le porte-parole.

Pour le moment, aucune discussion ne se tient avec la Ville de Baie-Comeau. « Si on arrive à une entente à Pointe-Lebel, ça desservira probablement Baie-Comeau », indique M. Batty. Encore rien n’est envisagé à court terme à l’est de Port-Cartier. « Du côté du développement des affaires, on me dit qu’il n’y a rien qui bouge à Sept-Îles et à Havre-Saint-Pierre », admet-il, tout en reconnaissant que l’idée demeure d’avoir des bornes à chaque distance de 80 kilomètres.

Les bornes rapides sont destinées uniquement aux véhicules entièrement électriques. Les véhicules hybrides rechargeables ne peuvent s’y brancher. Leurs propriétaires doivent utiliser les bornes à 240 volts.

Le réseau de bornes est destiné avant tout aux conducteurs qui effectuent de longs déplacements, insiste M. Batty. Il rappelle que, règle générale, plus de 90 % de la recharge des véhicules électriques s’effectuent à la maison.

Pas un parent pauvre

Avec ses cinq bornes, la Côte-Nord est la région la moins bien nantie au Québec. À titre d’exemple, l’Abitibi-Témiscamingue, qui arrive bonne deuxième à ce chapitre, en compte dix. Malgré tout, M. Batty n’aime pas l’expression de parent pauvre au Québec accolée à notre région.

Le porte-parole rappelle que de nombreux paramètres font partie de l’équation dans le développement du réseau de bornes de recharge dans les régions. L’offre des concessionnaires automobiles en véhicules électriques et la disponibilité de bornes en sont les principaux.

« Je comprends que sur la Côte-Nord, les gens ont hâte que l’effet de l’électrification des transports arrive, mais il faut qu’il y ait une offre de véhicules électriques chez les concessionnaires pour que le réseau se développe », ajoute-t-il.

L’installation d’une borne de recharge à 400 volts représente une facture de près de 70 000 $. La facture est cependant partagée à parts égales entre le promoteur et Hydro-Québec. En raison des diverses aides financières auxquelles elles ont accès, la municipalité de Godbout n’aura cependant rien à payer, tandis que celle de Ragueneau s’en tirera avec une mise de fonds de 4 400 $.

Un propriétaire satisfait

L’homme d’affaires Yves Tremblay, copropriétaire des Délices de l’artisan, a fait l’achat d’une Chevrolet Bolt, un véhicule 100 % électrique, il y a trois mois et il s’en dit entièrement satisfait. « Nous, ça faisait longtemps qu’on regardait ça. On espérait 600 km d’autonomie, mais quand on a vu ça à 400 km, on s’est dit on passe à l’action », explique-t-il.

La Bolt a une autonomie de 383 km. «En été, on fait plus que ça », mentionne M. Tremblay. Il raconte que certains se sont déjà rendus jusqu’à 466 km avant de devoir recharger leur véhicule.

À ce jour, M. Tremblay est toujours le seul propriétaire d’un véhicule entièrement électrique acquis chez Carrefour Chevrolet à Baie-Comeau. Le concessionnaire attend pour bientôt l’arrivée d’une deuxième Bolt, mais elle cependant déjà vendue, prévient Martin Savard, copropriétaire de l’entreprise.

Partager cet article

Laissez un commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des