Gill, Corriveau et Savard croisent le fer à Baie-Comeau

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Par Charlotte Paquet
Gill, Corriveau et Savard croisent le fer à Baie-Comeau
Le libéral Dave Savard, la bloquiste Marilène Gill et le conservateur François Corriveau ont conclu, vendredi, à Baie-Comeau, un marathon de quatre débats en 48 heures après celui à Havre-Saint-Pierre et les deux à Sept-Îles.

La bloquiste et députée sortante de Manicouagan, Marilène Gill, le conservateur François Corriveau et le libéral Dave Savard ont mis fin, vendredi, à un marathon de quatre débats en 48 heures dans le cadre de la campagne électorale fédérale. S’il y a une chose de sûre, c’est que chacun a tenté de profiter de ce face-à-face pour gagner le cœur des électeurs et les votes qui suivent.

Organisé par la station de radio FM 97,1 et le journal Le Manic, le débat de 90 minutes a permis à trois des six candidats à l’élection du 21 octobre dans la circonscription de Manicouagan de rappeler leurs principaux engagements et de s’exprimer sur les enjeux de la circonscription tout en cherchant à confronter leurs vis-à-vis.

Comme il fallait s’y attendre, le désenclavement de la région, la pénurie de main-d’œuvre, l’assurance-emploi et le transport, avec la cession du port de Baie-Comeau et le projet QcRail, ont fait partie des thèmes abordés. À cela, il faut ajouter une voix à assurer à la Côte-Nord à Ottawa et les revendications autochtones.

La bloquiste Marilène Gill, qui réclame un deuxième mandat à la Chambre des communes et dont le parti représente Manicouagan depuis 1993, sauf pour la période de 2011 à 2015 lors de la vague orange du Nouveau Parti démocratique, a été, on s’en doute, la cible d’attaques, particulièrement bien senties de la part de son adversaire conservateur.

« Le poids politique du Bloc québécois est inexistant. (…) On ne va pas chercher notre juste part, car on est avec le Bloc québécois depuis 26 ans », a lancé François Corriveau alors que le dossier du désenclavement était abordé. Il a indiqué que, dans le cadre de ses fonctions comme directeur général à la Ville de Baie-Comeau, la seule fois où il a croisé Mme Gill, c’est à un souper dans le noir « et je ne vous ai pas vue ».

Alors que la pénurie de main-d’œuvre et la pertinence d’une immigration accrue étaient au menu, ce fut au tour du libéral Dave Savard de s’en prendre à la bloquiste en mettant en doute sa connaissance réelle des dossiers de sa circonscription. Peu de temps après, le conservateur enchaînait : « Il y a un poste ici qui est vacant depuis 26 ans, c’est celui de député. » La principale concernée a dénoncé cette attitude qu’elle juge méprisante à l’égard des électeurs qui ont voté pour le Bloc québécois pendant tout ce temps.

En matière d’assurance-emploi, Marilène Gill a rappelé que l’ancien chef conservateur Stephen Harper avait fait très mal aux chômeurs, ce qu’a admis le candidat conservateur en disant faire son mea culpa.

Pendant que les adversaires bloquiste et conservateur se mesuraient dans une joute verbale, le libéral y allait de remarques à l’un et à l’autre, mais en profitait aussi pour rappeler l’importance de travailler en collaboration et de se tenir debout pour faire avancer les choses.

Questionné par la bloquiste sur l’éventuelle contestation, directe ou indirecte, de la loi sur la laïcité au Québec, M. Savard a souligné que son chef avait justement confirmé haut et fort, lors du débat télévisé de la veille même, qu’il ne la contesterait pas et qu’il fallait le croire.

À une question de François Corriveau tout juste avant la conclusion du débat, Mme Gill a refusé de choisir avec qui elle aimerait le mieux travailler entre le chef libéral Justin Trudeau et le chef conservateur Andrew Scheer. Pour elle, c’est du pareil au même, a-t-elle laissé entendre.

En guise de mot de la fin, Marilène Gill et Dave Savard ont invité les électeurs à se rendre aux urnes le 21 octobre. « Votez pour vous, faites votre choix selon vos valeurs et pour une personne qui va vous ressembler », a lancé la députée sortante.

Fait à souligner, le candidat du Parti vert, Jacques Gélineau, s’est désisté quelques heures avant le débat pour des motifs personnels.

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