Le MTQ écarte la clôture anticervidés, mais confirme les risques

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Par Charlotte Paquet
Le MTQ écarte la clôture anticervidés, mais confirme les risques
De 2015 à 2019, six collisions impliquant un orignal ont été rapportées au ministère des Transports sur le tronçon de la route 138 entre Pointe-Lebel et Pointe-aux-Outardes. Sur la Côte-Nord, il s’agit du secteur le plus propice à des accidents du genre. Photo courtoisie

Le secteur de la route 138 situé entre la rue Granier à Pointe-Lebel et le chemin Principal à Pointe-aux-Outardes occupe le premier rang des endroits propices aux collisions impliquant des orignaux sur toute la Côte-Nord.

C’est ce que confirme le ministère des Transports du Québec (MTQ), qui se dit évidemment bien au fait de la présence d’orignaux. « Plusieurs signalements ont d’ailleurs été reçus à cet effet depuis l’an passé », souligne Caroline Rondeau, conseillère en communication à la direction générale de la Côte-Nord.

Selon les statistiques colligées par le MTQ, six accidents impliquant un orignal ont été rapportés sur le tronçon problématique entre 2015 et 2019, mais heureusement, aucun décès n’est à déplorer. La plupart des impacts sont survenus entre 23 h et 4 h.
Faut-il rappeler qu’il y a à peine deux semaines, deux autres accidents s’y sont produits en l’espace de 24 heures, là également en fin de soirée.

Certaines mesures ont déjà été mises en place par le passé pour la sécurité des usagers de la route dans le secteur, comme du déboisement des abords de la route et de la signalisation sur la présence d’orignaux.

La clôture écartée

Pour le moment, l’installation d’une clôture anticervidés n’est cependant pas dans les plans du MTQ.

« La mise en place de mesures telles qu’une clôture anticervidés ou un passage faunique n’est pas recommandée », précise Mme Rondeau, en faisant référence aux conclusions d’une analyse et au fait que le secteur n’est pas considéré comme problématique à l’échelle provinciale.

Pour qu’une telle clôture soit réellement efficace, la topographie du secteur concerné doit s’y prêter. Or, au MTQ, on souligne que ce n’est pas forcément le cas entre Pointe-aux-Outardes et Pointe-Lebel, mais que des études plus poussées seraient nécessaires pour vérifier la pertinence de cette mesure dans le secteur.

Enfin, Mme Rondeau rappelle que la clôture anticervidés, qu’on ne retrouve d’ailleurs nulle part sur la Côte-Nord, n’est pas toujours la meilleure solution puisque, selon la topographie, elle peut entraîner l’original à la longer sur plusieurs kilomètres jusqu’à ce qu’il trouve un passage plus loin. Dans les faits, ça ne ferait ainsi que déplacer le problème ailleurs.

Des actions

Afin d’améliorer encore plus la sécurité, le ministère compte ajouter ou bonifier la signalisation en place dans le secteur. Il pense notamment à des panneaux à messages variables pendant les périodes les plus propices à la présence d’orignaux.

Une attention particulière sera aussi apportée dans les prochaines années au suivi des collisions impliquant un orignal, histoire de vérifier si la tendance perdure ou si la situation actuelle est plutôt exceptionnelle.

Il est aussi question d’élargir la zone de déboisement, ce qui permettrait de voir la bête galoper avant qu’elle n’atteigne la chaussée.
Enfin, le ministère invite les automobilistes qui remarquent des orignaux aux abords de la route à signaler leur présence en composant le 511.

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