« Si on n’aidait pas le Drakkar, ça fermait »

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Par Steeve Paradis
« Si on n’aidait pas le Drakkar, ça fermait »
Yves Montigny a assuré que le prêt consenti au Drakkar pour passer à travers la saison 2020-2021 n’a aucun impact sur les taxes des citoyens et que cette aide est vitale pour la survie de l’équipe. Photo archives

Devant le tollé suscité par le prêt maximal de 600 000 $ accordé par la Ville de Baie-Comeau à son équipe de hockey junior majeur, le Drakkar, le maire Yves Montigny a tenu à apporter certaines précisions qui, selon lui, témoignent de l’urgence de la situation.

« Il faut bien comprendre que si on n’aidait pas le Drakkar, ça fermait. On ne peut pas laisser fermer le Drakkar, on n’en a pas les moyens. L’équipe ne pourrait pas survivre si elle n’avait pas d’aide », a clamé M. Montigny, en entrevue avec Le Manic jeudi matin.

Le maire a fait valoir que la disparition du Drakkar ne ferait pas sauver des sous aux citoyens à court terme, bien au contraire. « Si on ferme le Drakkar, la dette de l’équipe apparaîtrait au budget en tant que passif. Ça deviendrait un trou dans notre budget 2020 », a-t-il lancé avant de répondre à une autre hypothèse.

« Si le Drakkar ne joue pas cette année, l’équipe n’aura plus aucune valeur. On ne pourrait même pas la vendre », ajoute-t-il en faisant valoir que ce prêt, « fait avec le surplus cumulé de la Ville, n’a aucun impact sur les taxes de citoyens ».

Sans vouloir entrer dans les détails, Yves Montigny assure qu’il est « très confiant » de voir le gouvernement du Québec supporter financièrement les équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec qui, comme on le sait, vont disputer la saison 2020-2021 sans spectateurs dans les gradins. Avec cette aide, le Drakkar pourra ainsi rembourser le prêt consenti par la municipalité, a-t-il soutenu.

Aider Résolu autrement

Quant aux internautes, assez nombreux, qui auraient voulu que cette somme serve à assurer la réouverture de l’usine de papier de Produits forestiers Résolu (PFR) à Baie-Comeau, le maire prévient qu’il ne faut pas comparer des pommes et des oranges.

« Une municipalité ne peut pas donner son soutien à un holding mondial. Si Baie-Comeau donne à Résolu, ça va servir à ses usines partout sur la planète, pas nécessairement à celle de Baie-Comeau. Leur donner 600 000 $, ça ne servirait à rien. Le Drakkar appartient aux citoyens de la municipalité. Résolu n’appartient pas aux citoyens de la municipalité. »

M. Montigny rappelle au passage que PFR n’a pas mis la clé sous la porte de son usine et qu’elle paie toujours ses taxes municipales. « L’entreprise n’est pas en difficulté financière, c’est qu’elle ne trouve pas preneur pour son papier journal. Ce n’est pas une question d’argent. Le comité de relance de la papetière travaille fort pour relancer l’usine, et Résolu fait partie du comité. »

L’édile signale également que la Ville dispose du Fonds de développement économique Manicouagan, doté d’une somme de 13 M$. En conséquence, il se dit prêt à soutenir financièrement une éventuelle réorientation de la production de l’usine locale. « Ce n’est pas vrai qu’on va manquer de liquidités pour appuyer un projet de diversification », promet-il.

En conclusion, M. Montigny a déclaré que « dans un an, on va regarder ça et on va se dire qu’on a mauditement bien fait d’avoir appuyé notre équipe de hockey. Il y a des citoyens qui n’appuient pas le Drakkar, mais je ne suis pas le maire qui va mettre fin au Drakkar ».

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