Desjardins dresse le bilan de la relance post-pandémie sur la Côte-Nord

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Par Charlotte Paquet
Desjardins dresse le bilan de la relance post-pandémie sur la Côte-Nord
Président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier a parlé de relance économique post-COVID sur la Côte-Nord vendredi midi.

La relance post-COVID 19 est bien amorcée sur la Côte-Nord. Même que l’année 2020 devrait se terminer avec une décroissance, certes, mais elle sera moins forte que celle du Québec, selon les conclusions d’une étude de Desjardins.

Les prévisions pour l’année qui se termine laissent entrevoir un recul de 2,7 % de l’économie dans la région, mais de 4,1 % au Québec.

La Côte-Nord, tout comme d’autres régions ressources, a résisté « beaucoup mieux que le reste de la province, mais ç’a quand même frappé », a reconnu Guy Cormier, le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, vendredi midi, lors de la dernière étape de la tournée virtuelle En mouvement pour la relance économique au Québec. La conclusion de l’exercice lancé en septembre, en partenariat avec la Fédération des chambres de commerce du Québec, a réuni la Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec.

Un recul de 2,7 % de l’économie, ça laisse des marques. Ainsi, une somme de 193 M$ de valeurs économiques se sera volatilisée en 2020 en commerces fermés, contrats annulés et emplois perdus.

Du début de la pandémie en mars jusqu’en mai, 6 700 postes ont été perdus dans la grande région de la Côte-Nord/Nord-du-Québec (réunies aux fins de l’assurance-emploi) et, à la fin octobre, à peine 47,8 % des emplois perdus avaient été récupérés.

Perspectives pour 2021

Pour 2021, tant la Côte-Nord que l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec s’inscrivent parmi les régions du Québec qui connaîtront le plus fort rebond de leur économie.

« Vous allez donner au Québec une impulsion dans la relance économique », a cependant ajouté Guy Cormier. Chez nous, les prévisions laissent entrevoir une croissance de 6,6 %, comparativement à 6,3 % au Québec.

L’homme fort de Desjardins a d’ailleurs rappelé que plusieurs projets structurants sont encourageants pour l’avenir sur la Côte-Nord, en ciblant notamment l’implantation d’un centre intégré d’accélération du savoir et de l’innovation à Baie-Comeau et d’un complexe forestier intégré dans la MRC de Sept-Rivières.

Investissements

Guy Cormier a profité de la rencontre virtuelle pour confirmer l’injection de 600 000 $, par l’entremise du fonds du Grand mouvement, dans deux projets qui contribueront à la relance socioéconomique de la Côte-Nord.

Le cégep de Baie-Comeau obtient 400 000 $ afin de réaliser son projet d’agrandissement de 10 M$ pour la création d’un pavillon de recherche et d’innovation visant à y regrouper l’ensemble des activités de son Centre d’expérimentation et de développement en forêt boréale (CEDFOB). Ce pavillon doit aussi lui permettre d’accomplir pleinement sa mission de travaux de recherche appliquée et de développement sur la forêt boréale en collaboration avec le milieu.

En Minganie, la coopérative de solidarité Le Grenier boréal de Longe-Pointe-de-Mingan reçoit 258 000 $ $ pour se doter d’un bâtiment multifonctionnel et poursuivre notamment l’aménagement de terrains pour accroître la culture fruitière et en serre.

La recette Lefebvre Industri-Al

Dans le cadre de la rencontre virtuelle, Marc et Joanne Lefebvre, respectivement fondateur et administrateur et présidente-directrice générale de Lefebvre Industri-Al de Baie-Comeau, ont témoigné de la réalité de leur entreprise en temps de pandémie.

Les embûches n’ont pas manqué. Comme l’a illustré le fondateur à titre d’exemple, des pièces d’équipements majeurs provenant d’Italie qui étaient attendues le 30 mars ont été livrées le 1er septembre. Les formateurs, installés ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Allemagne, n’ont pu se déplacer à Baie-Comeau.

« C’était pas une période facile », a reconnu Marc Lefebvre, en ajoutant que la ville de Baie-Comeau se trouvait déjà au bas d’un cycle économique, ce qui a notamment ajouté à la difficulté de trouver des sous-traitants en hydraulique et en électricité.

« On passe au travers et on en est très contents. Surtout, notre client (Alcoa) est très content et c’est très important, mais effectivement, ç’a été très difficile. »

Lefebvre Industri-Al fait dans le recyclage des résidus d’aluminium et permet de recycler jusqu’à sept résidus de l’aluminerie de Baie-Comeau. « On ne fait plus d’enfouissement, on ne fait plus de création de gaz à effet de serre contrairement au procédé traditionnel », a souligné Joanne Lefebvre. Elle a assuré que le procédé est exportable à toutes les alumineries qui produisent de l’aluminium primaire.

Lefebvre Industri-Al a été interpellée par d’autres alumineries du centre du Québec et de l’extérieur du Québec et même du Canada pour y exporter sa technologie unique, mais veut s’assurer de bien gérer son usine de Baie-Comeau avant de regarder ailleurs, ce qui pourrait se faire d’ici un an.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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