Marché du travail : la Côte-Nord se démarque encore pour ses écarts de salaires entre MRC

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Par Charlotte Paquet
Marché du travail : la Côte-Nord se démarque encore pour ses écarts de salaires entre MRC
Le dernier bilan de l'Institut de la statistique du Québec démontre l'incroyable disparité entre les MRC de la Côte-Nord.

Quelle est la région du Québec qui affiche l’écart le plus élevé du revenu d’emploi médian entre deux MRC de son territoire? On vous le donne en mille, c’est la Côte-Nord.

Dans son plus récent bilan de l’évolution du marché du travail dans les 102 MRC de la province, celui de 2019, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) révèle effectivement que c’est en sol nord-côtier que l’écart est le plus grand entre les MRC ayant le revenu le plus élevé et le plus faible. La différence est même plus marquée qu’en 2018.

Pas moins de 56 000 $ séparent le revenu dans les MRC de Caniapiscau et du Golfe-du-Saint-Laurent, soit 87 434 $ par rapport à 31 227 $, ce qui ne surprend d’ailleurs pas le président de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord, Randy Jones.

« Je n’ai pas besoin d’argument pour me dire que ma MRC est la plus dévitalisée de la province », laisse tomber celui qui est également préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent et maire de Gros-Mécatina. Il craint même que le bilan de 2020 soit pire encore, car, dit-il, la pandémie a empêché des travailleurs saisonniers de son coin de pays à reprendre leur boulot.

Il faut dire que Caniapiscau, où se situe Fermont, trône depuis 2002 au sommet des salaires les plus élevés par MRC au Québec, et ce, grâce en grande partie aux émoluments versés dans l’industrie minière. Au deuxième rang, la MRC Les-Collines-de-l’Outaouais suit et de loin avec 58 281 $.

Soulignons aussi aussi que Le Golfe-du-Saint-Laurent occupe les bas-fonds du classement avec le troisième plus faible revenu d’emploi médian, derrière les MRC de La Haute-Gaspésie et Le Rocher-Percé avec respectivement 31 077 $ et 30 457 $.

« C’est la réalité et on le savait, ça. C’est pour ça que je suis toujours en train de crier dans les nouvelles. Je suis comme une cassette brisée qui dit la même chose », avoue candidement Randy Jones. Il se réjouit pour la MRC de Caniapiscau, tout en rappelant l’existence du navettage, plus connu sous le nom de fly in fly out, qui la touche.

À la grandeur du Québec, le revenu d’emploi médian a bondi de 5,1 % entre 2018 et 2019. La Côte-Nord a fait mieux avec une hausse de 6,5 %. Avec un écart de 8,3 %, la MRC de Caniapiscau prend le deuxième rang provincial, derrière la MRC Le Rocher-Percé avec 10,9 %.

Les travailleurs

Au chapitre de la croissance du nombre de travailleurs de 25 à 65 ans, Caniapiscau se démarque à nouveau. Elle arrive en tête des 102 MRC avec une hausse 4,1 %. L’ISQ fait remarquer qu’un an plus tôt, la MRC avait encaissé une baisse de 2 % à ce chapitre.

Caniapiscau fait partie des quatre seules MRC de régions éloignées qui affichent une hausse supérieure à celle de 1,2 % dans l’ensemble du Québec.

En revanche, avec une baisse de 1,5 % du nombre de travailleurs, la MRC de Minganie arrive au 10e rang parmi les 35 MRC du Québec qui enregistrent un recul. La plupart se retrouvent dans des régions administratives les plus éloignées des grands centres, souligne encore l’ISQ.

Du côté des travailleurs autonomes, leur nombre s’établissait à 1 413 sur la Côte-Nord en 2019, en baisse de 7,8 % par rapport à – 1,1 % dans la province. Les MRC de Minganie et Le Golfe-du-Saint-Laurent enregistrent les reculs les plus marquants, avec respectivement 19,4 % et 18,7 %.

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