Sentier TQ3 à Pessamit : un nouveau tracé pourrait mettre fin au litige

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Par Julien-Pierre Desmeules-Paré
Sentier TQ3 à Pessamit : un nouveau tracé pourrait mettre fin au litige
Un nouveau tracé pourrait permettre de régler le litige entre Pessamit et les motoneigistes de la région. (Photo : Québec Maritime, Éric Marchand.)

L’accès au sentier de motoneige TQ3 est toujours inaccessible dans le secteur de Pessamit, ce qui cause plusieurs complications pour les membres des clubs de motoneigistes de la région. Les différents responsables dans cette histoire tentent de trouver un point d’entente pour mettre fin à ce conflit et un nouveau tracé pourrait bien être la solution.

L’administrateur de la Côte-Nord pour la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), Daniel Jean, admet que la situation n’est pas facile.  « Présentement, le club est en analyse pour construire un sentier de contournement. On a fait une demande au MTQ (ministère des Transports du Québec) pour avoir des sous », explique M. Jean qui précise que la FCMQ est un organisme à but non lucratif.

Cette voie de contournement amènerait les motoneigistes bien plus au nord en direction du lac Nipi. Un tracé qui s’avère compliqué, mais pas impossible à réaliser selon les responsables des clubs.

Selon M. Jean, ces tracés sont dépendants des propriétaires de terrains dans la province qui ont le pouvoir d’accepter ou de refuser les motoneigistes sur leur territoire par le biais d’un droit de passage. Ce droit peut être appliqué à la volonté du propriétaire qui, en temps normal, annonce sa décision un an à l’avance afin de permettre aux clubs de retravailler les nouveaux chemins.

C’est le club de motoneigistes les Bolides de Ragueneau, et non l’Association des motoneigistes de Manicouagan (AMMI) comme mentionné dans le premier texte sur le sujet, qui a la responsabilité d’entretenir cette portion de la route TQ3. Toutefois, présentement, il est impossible pour les bénévoles d’y accéder.

M. Jean tient justement à saluer le travail des bénévoles de tous les clubs et associations de motoneigistes de la région. « Ils ont beaucoup d’ouvrage à entretenir les chemins. Certains font de la mécanique sur les machines du matin au soir. Les gens travaillent fort et je leur lève mon chapeau. »

L’administrateur confirme que les clubs tentent par tous les moyens de trouver une alternative pour « arranger les motoneigistes et ouvrir les sentiers le plus vite possible ».

Plusieurs exigences

Pour Jean-René Martel, président des Bolides de Ragueneau, les membres des clubs sont pour la grande majorité responsables et respectueux. « Il y a toujours des délinquants qui n’ont pas leurs cartes et qui causent des ennuis pour tous », dit-il.

Se disant prêt à écouter les demandes de la communauté innue de Pessamit, M. Martel explique cependant qu’il serait difficile pour les clubs de répondre aux exigences formulées.

Pour répondre aux demandes, « il faudrait que tous les motoneigistes qui empruntent ce sentier aient une formation sur les droits ancestraux et les coutumes des autochtones. Il faudrait aussi mettre un sticker sur notre motoneige pour montrer qu’on a reçu la formation. On ne peut pas former toute la province de Québec comme ça », souligne le président.

En retour, il dit avoir offert certaines pistes de solution qui sont pour l’instant restées sans réponse claire. « Si c’est réalisable, on va tout faire de notre côté pour que ça marche ».

« Les gens de la région ici ils le savent qu’on est sur une réserve autochtone. On le comprend et on le respecte, ils sont sur leur terrain », souligne M. Martel.

Pessamit prêt à écouter

Jean-Noël Riverin, membre du Conseil des Innus de Pessamit et porte-parole au dossier, réitère qu’il ne s’agit pas d’une question d’argent, mais bien de droit.

« On ne veut pas l’argent des associations, qu’elles le gardent pour faire un tracé autre que dans le secteur Pessamit », a expliqué M. Riverin.

Quant au nouveau tracé, le porte-parole confie qu’il n’y voit pas de problème pour le moment. « Pour l’instant, je ne vois rien qui pourrait nuire au droit de passage de nos membres. », dit-il en précisant qu’il devra tout de même y avoir des consultations puisque le nouveau tracé devrait empiéter sur un territoire de chasse.

La décision d’accepter ou non le tracé devrait être décidée prochainement. « On va en discuter avec le Conseil pour voir les possibilités avec le nouveau tracé », précise Jean-Noël Riverin en conclusion.

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