Colloque RH Manicouagan – Les employeurs s’outillent pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 21 novembre 2018
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Tania Boudreau, de Place aux jeunes en région, Isabelle Fournier, du cégep de Baie-Comeau, Annie Dompierre, de Service d’orientation A. Dompierre, et Manon Barbeau, du Carrefour Jeunesse-emploi, sont reparties du Colloque RH Manicouagan mieux outillées. Photo Le Manic

Tania Boudreau, de Place aux jeunes en région, Isabelle Fournier, du cégep de Baie-Comeau, Annie Dompierre, de Service d’orientation A. Dompierre, et Manon Barbeau, du Carrefour Jeunesse-emploi, sont reparties du Colloque RH Manicouagan mieux outillées. Photo Le Manic

Baie-Comeau – Recrutement et rétention, nouvelles façons de faire et mobilisation ainsi qu’immigration et intégration sont tout autant de thèmes qui ont marqué le Colloque RH Manicouagan, orchestré les 13 et 14 novembre à Baie-Comeau dans l’espoir d’outiller les employeurs afin de faire face à la pénurie de main-d’œuvre.

Une soixantaine de participants, représentant une quarantaine d’entreprises et d’organismes, ont répondu à l’invitation du comité organisateur de l’événement, composé notamment de la Chambre de commerce de Manicouagan, Émersion service-conseil en emploi et Produits forestiers Résolu.

Pendant une journée et demie, les gens ont été interpellés sur différents aspects liés aux ressources humaines, comme le marketing, la rétention de personnel ainsi que l’ouverture à l’immigration et l’adaptation des ressources humaines envers la main-d’œuvre immigrante.

À l’heure où le recrutement et la rétention de travailleurs représentent un défi majeur, le Colloque RH Manicouagan est venu soutenir les employeurs dans leurs démarches en leur donnant des pistes de solution et un regard parfois différent sur la situation.

Une pénurie généralisée

On le dit, la pénurie de main-d’œuvre ne fait pas de ségrégation. Elle est présente partout, tant dans le monde du commerce de détail et de la restauration que du côté des grandes entreprises, des organismes socioéconomiques ou du monde communautaire.

Karen Asselin, qui œuvre dans le recrutement de personnel pour les cinq succursales de NAPA Pièces d’auto sur la Côte-Nord, connaît des difficultés à recruter du personnel. « Ça part même de la collecte de CV. Quand on affiche, que ce soit à Sept-Îles ou à Havre-Saint-Pierre, quand on reçoit deux ou trois CV, c’est bon. Par contre, ce que des colloques comme ça font, ça nous donne de l’aide », a-t-elle assuré en parlant, entre autres choses, de pistes pour aider à se rendre attrayant dans l’affichage des postes. Elle précise qu’aujourd’hui, la rareté de la main-d’œuvre touche tous les postes, peu importe les exigences.

Du côté du Carrefour Jeunesse-emploi, qui a un poste d’agent de projet jeunesse disponible, la directrice générale Manon Barbeau rencontre aussi des difficultés de recrutement. Le colloque lui a permis en quelque sorte d’élargir ses horizons. « Je trouve qu’on a tout avantage à revoir nos façons de faire dans les ressources humaines de par la génération qui rentre sur le marché du travail et des défis qu’on a comme employeur pour recruter et fidéliser », a-t-elle témoigné.

Mme Barbeau n’a pas manqué de préciser que le marché du travail est « vorace », en ce sens qu’il est difficile pour les organismes communautaires ou les petites et moyennes entreprises de garder leurs employés lorsqu’ils sont convoités par des milieux offrant de meilleures conditions salariales.

L’immigration

La deuxième journée du colloque a fait place au thème de l’immigration. Parmi les participants suspendus aux lèvres des deux conférencières, il y avait Annie Dompierre, de Service d’orientation A. Dompierre.

La conseillère en orientation connaît la réalité des immigrants dont l’accès au travail dans leur spécialisation est parfois freiné par l’obligation de la reconnaissance de leur formation, principalement en présence d’ordres professionnels.

« Ils ont un beau bagage, mais est-ce que ça va être reconnu une fois sur le marché du travail. Ceux que j’ai eu à rencontrer, ce n’était pas nécessairement le cas. Souvent, ils sont obligés de se réorienter dans autre chose, de recommencer à la base, car il n’y a pas de reconnaissance », déplore-t-elle.

Même si le Colloque RH Manicouagan apporte une bouffée d’air frais à bien des niveaux, la femme d’affaires est d’avis qu’il y a encore bien du chemin à faire pour faciliter l’intégration de la main-d’œuvre immigrante.

Il y a l’intégration, mais il y a aussi la rétention de cette main-d’œuvre venue de l’étranger qui est importante, selon Isabelle Fournier, du service des ressources humaines du cégep de Baie-Comeau. L’établissement compte quelques enseignants issus de l’immigration, dont trois en électronique industrielle. « On ne connaît pas toujours des succès, car ils partent. Est-ce qu’on peut en faire plus pour les garder? », a-t-elle lancé.

Agente de migration de Place aux jeunes en région dans la Manicouagan, Tania Boudreau travaille au quotidien pour attirer de nouveaux travailleurs provenant de l’extérieur des limites de la MRC. Malgré tous les efforts consentis, il est bien difficile, dit-elle, de trouver le bassin suffisant pour répondre aux besoins du marché du travail.

De bons arguments

« Pour amener du monde à Baie-Comeau, il faut avoir de bons arguments, être attractifs et avoir des offres d’emploi moins monotones », a souligné pour sa part Josée Parisée, directrice générale de la chambre de commerce, en rappelant ainsi quelques pans de la conférence sur le marketing RH.

Elle a insisté aussi sur l’importance qu’après avoir réussi à recruter des travailleurs, les employeurs s’organisent pour les garder. « Notre objectif, c’est d’avoir des employés qui sont là à long terme. On n’a pas le goût de changer tous les six mois », illustre-t-elle en conclusion.

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