Le navire de relève ciblé en Allemagne fera-t-il l’affaire?

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 24 janvier 2019
Temps de lecture :
Le PDG par intérim de la Société des traversiers du Québec, François Bertrand, affirme que les négociations pourraient s'amorcer rapidement si le navire ciblé pour devenir navire de relève à l'ensemble de la flotte, qui se trouve en Allemagne, correspond aux besoins. Photo STQ

Le PDG par intérim de la Société des traversiers du Québec, François Bertrand, affirme que les négociations pourraient s’amorcer rapidement si le navire ciblé pour devenir navire de relève à l’ensemble de la flotte, qui se trouve en Allemagne, correspond aux besoins. Photo STQ

Baie-Comeau – La Société des traversiers du Québec (STQ) a bon espoir de mettre la main sur un navire disponible en Allemagne afin d’assurer une relève non seulement au F.-A.-Gauthier, mais aussi à l’ensemble de sa flotte. Cependant, avant de crier victoire, des étapes restent à franchir.

Une équipe de spécialistes de la STQ se trouve toujours en sol européen afin d’inspecter le navire en question pour s’assurer qu’il réponde aux besoins.

« Au retour de l’équipe, on va faire un état de situation et si on considère que le navire est intéressant, on va faire une offre au propriétaire », a précisé François Bertrand, président-directeur général de la société, en entrevue avec Le Manic. Selon lui, si tout va bien, son acquisition pourrait être une question de quelques semaines.

Des échanges à cet effet avaient déjà eu lieu en 2017, mais ce projet ne cadrait pas alors dans les plans de l’ancien gouvernement libéral. Avec l’arrivée de la Coalition avenir Québec au pouvoir et les déboires connus par le F.-A.-Gauthier à la mi-décembre, la donne a changé. Et, bonne nouvelle, le navire est toujours disponible.

Construit en 2010, ce traversier a une capacité de 150 voitures et de 600 passagers, ce qui le situe quelque part entre la capacité de l’ancien Camille-Marcoux et celle du F.-A.-Gauthier.

« On l’avait ciblé en 2017, car il fallait qu’on soit plus autonome, qu’on dépende moins d’un tiers », a expliqué M. Bertrand, en faisant référence au CTMA Vacancier, qu’une entente lie à la STQ. « Le maillon faible, c’est qu’on n’avait pas de garantie qu’on pouvait y avoir accès », a ajouté le PDG.

D’une traverse à une autre

Par contre, il est évident dans l’esprit du grand patron qu’il n’est pas question d’acheter un navire pour le garder à quai pendant de longues périodes annuellement. « Ça passe par la permutation d’une traverse à une autre », a-t-il insisté.

Actuellement, le Félix-Antoine-Savard, qui sert de troisième navire en haute saison à la traverse Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine, peut aussi jouer le rôle de navire de relève à la traverse Matane-Côte-Nord.

« On est limité dans sa capacité et sa disponibilité », a cependant précisé encore M. Bertrand.

Au pied du mur

Le PDG l’a reconnu : la STQ était carrément acculée au pied du mur dans ses négociations avec l’entreprise Labrador Marine au sujet de l’Apollo, mis en vente récemment. Elle aurait souhaité pouvoir le louer plutôt que l’acheter. Mais son propriétaire ne l’entendait pas ainsi.

Or, pour éviter une autre rupture à la liaison maritime au retour du CTMA Vacancier aux Îles-de-la-Madeleine à la fin janvier, et dans l’impossibilité de prévoir quand le F.-A.-Gauthier reprendra du service, la STQ n’a pas eu d’autre choix que d’acquérir l’Apollo, car ses recherches au Canada et à l’international n’ont rien donné.

Malgré la capacité limitée de ce navire, M. Bertrand considère qu’en « faisant deux allers-retours par jour, sept jours par semaine », le navire devrait répondre à la demande pour cette période de l’année. Il a insisté cependant sur l’importance que les gens continuent d’effectuer leur réservation afin de s’assurer d’une place.

L’Apollo sera remis en vente dès que la fiabilité retrouvée du F.-A.-Gauthier lui permettra d’assurer le service ou encore que la STQ comptera sur un navire de remplacement.

Malgré l’âge avancé de l’Apollo, construit en 1970, M. Bertrand a confiance de trouver preneur à l’international.

Fait à noter, la STQ a dû obtenir de Transport Canada une prolongation de la certification de conformité du vieux traversier jusqu’en juin 2019, car normalement, il aurait dû aller en cale sèche sous peu.

Partager cet article