Le maintien de trois petites écoles assuré pour deux ans

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Par Charlotte Paquet
Le maintien de trois petites écoles assuré pour deux ans
À peine cinq élèves fréquentent l’école Monseigneur-Labrie à Godbout, qui nécessite d’imposants travaux de réfection. (Photo : courtoisie)

Baie-Comeau – La Commission scolaire de l’Estuaire (CSE) reporte d’un an les démarches d’analyse sur le maintien ou la fermeture des petites écoles de Franquelin, Godbout et Baie-Trinité, qui devaient s’enclencher incessamment.

Comme le souligne la présidente de la CSE, Ginette Côté, la décision de mettre le dossier sur la glace est prise afin d’éviter de travailler dans le vide. « On a un nouveau gouvernement et on ne connaît pas sa position sur la dernière école du village. On veut savoir où il loge par rapport à ça », explique-t-elle.

Le report du processus permettra à la CSE de confirmer avec le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ce qu’il compte faire dans le dossier. D’ailleurs, Mme Côté a déjà eu l’occasion à deux reprises de lui parler de la situation. Si le gouvernement choisit de les maintenir, l’ajout de ressources doit suivre, poursuit-elle.

Faut-il rappeler que depuis plus d’une dizaine d’années, les trois écoles sont sur la corde raide et bénéficient de sursis sur sursis.

Très peu d’élèves
La politique de maintien ou de fermeture des écoles prévoit qu’une première étape du processus d’analyse commence dès que la clientèle d’un établissement est de 30 élèves ou moins. À 15 élèves ou moins, c’est normalement la fermeture.

Or, cette année, l’école Monseigneur-Labrie de Godbout compte 5 élèves, tandis qu’il y en a 8 à l’école Père-Duclos de Franquelin et 14 et l’école Saint-Joseph de Baie-Trinité.

Celle qui est aussi membre du conseil général de la Fédération des commissions scolaires du Québec rappelle qu’ailleurs en province, l’expression petite école est souvent associée à des établissements comptant de 50 à 75 élèves. C’est très différent avec la réalité de la Manicouagan.

Le fait que les établissements de Franquelin, Godbout et Baie-Trinité soient éloignés de plus de 25 kilomètres et qu’une seule route les relie sont deux autres facteurs importants dans le dossier, tout comme les investissements de 5,5 M$ nécessaires aux trois écoles d’ici 2023 pour la réalisation de travaux majeurs de mise aux normes.

Classes modulaires
Pour faire face au problème de désuétude de l’école de Godbout, la CSE a d’ailleurs soumis au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur un projet d’acquisition de quatre classes modulaires qui auraient pu être annexées au gymnase, mais a essuyé un refus vers la fin de l’automne 2018.

« Plutôt que de mettre des millions de dollars, avec 400 000 $ à 500 000 $, on aurait pu avoir une bonne petite école. Et l’avantage avec des modules comme ça, c’est que ça se déménage », souligne Ginette Côté.

Parents rassurés
La décision de reporter d’un an le processus d’analyse a rassuré les parents qui voient ainsi le maintien des écoles assuré pour deux ans puisque l’analyse comme telle prend un an et une éventuelle décision de fermeture n’est applicable qu’un an plus tard.

La CSE a cependant proposé aux parents un modèle d’organisation des services pour permettre un meilleur passage du primaire au secondaire. Ce modèle prévoit que les jeunes du troisième cycle, soit ceux de cinquième et sixième année, fréquentent l’école Boisvert à Baie-Comeau afin de faciliter leur socialisation en vue de leur arrivée en première secondaire.

« On les (les parents) laisse réfléchir », indique Mme Côté, tout en soulignant que le transport des jeunes serait assumé par la commission scolaire. Si la proposition est retenue, cette façon de faire contribuerait aussi à alléger aussi la tâche de l’unique enseignante en poste dans chaque école.

Ce modèle fait déjà ses preuves du côté de Portneuf-sur-Mer, où les élèves du troisième cycle du primaire fréquentent une école de Forestville.

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