Des bleuetières vandalisées

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Par Steeve Paradis
Des bleuetières vandalisées
Des caisses de bleuets inutilement renversées ne sont qu’un exemple du vandalisme que subit Daniel Harvey à sa bleuetière de Manic-2. Photo courtoisie

Baie-Comeau – Le respect de la propriété d’autrui a autant sa place en forêt qu’en milieu urbain. La chose devrait aller de soi mais Daniel Harvey, qui possède une bleuetière dans le secteur de Manic-2, en doute fortement, lui qui se dit victime régulièrement de vandalisme.

Clôtures coupées, pancartes arrachées, ruches et casiers de bleuets renversés, courses de motocross dans les champs, équipements passés au feu, gens qui s’invitent pour cueillir sans autorisation. Les exemples de vandalisme sont nombreux, assure M. Harvey.

« Dans la Manicouagan, ça semble encore plus problématique », de lancer le producteur, qui est également président de l’Association des producteurs de bleuets de la Côte-Nord, qui regroupe autour de 35 producteurs indépendants partout dans la région.

« Traditionnellement, les gens ont cueilli dans le secteur de Manic-2, mais je suis là depuis 2014, je cultive sur des terres du domaine de l’État. Je paie mes taxes et la location, mais y a des gens qui débarquent dans ma bleuetière et qui me disent : ça dérange pas, y’en a en masse des bleuets, ou qui haussent rapidement le ton quand je leur dis qu’ils ne peuvent pas cueillir là. Il ne faut surtout pas que ça dégénère », a-t-il déclaré.

M. Harvey affirme ne pas être le seul producteur de bleuets à voir ses installations vandaliser, ce qui affecte bien sûr la rentabilité de l’opération. « Réparer ou changer les clôtures, remplacer les pancartes, surveiller la bleuetière, tout ça coûte cher et nous fait perdre du temps », a-t-il fait valoir en ajoutant que des producteurs d’autres petits fruits, comme la camerise ou la fraise, ou bien le Centre de recherche sur la pomme de terre, sont aux prises avec la même problématique.

« On reçoit environ 40 cents la livre de bleuets et le coût de production est autour de 50 cents. Ça prend de grandes superficies pour atteindre une certaine rentabilité. On n’a pas les moyens de payer un gardien en plus », enchaîne Daniel Harvey, qui cultive 40 hectares près de Manic-2 et qui a encore une superficie de 55 hectares à développer.

La situation a toutefois déjà été pire, confie le président de l’association. Le vandalisme ne frappait pas seulement l’été, mais également l’hiver. « Il y a deux ans, il y a eu beaucoup de méfaits avec des motoneiges. C’est heureusement mieux que c’était. »

M. Harvey a porté plainte auprès de la Sûreté du Québec, qui confirme avoir ouvert un dossier. Le propriétaire a demandé à la SQ d’envoyer plus régulièrement des patrouilleurs dans ce secteur afin d’essayer de décourager d’autres actes du genre.

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