Pas d’arrosage en forêt : le maire Montigny prédit des impacts majeurs

Par Charlotte Paquet 6:00 AM - 09 mai 2020
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Voici un portrait à jour de l’infestation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette sur la Côte-Nord. Les zones rouges sont très affectées et les plus sombres encore plus affectées. Photo courtoisie

L’absence d’arrosage des forêts de la Côte-Nord en 2020, pourtant infestées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE), rend furieux le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, qui prédit un impact majeur pour l’industrie forestière.

On se souviendra que la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies (SOPFIM) a récemment fait savoir qu’elle suspendait ses opérations d’arrosage cette année dans les régions touchées par la TBE en raison des mesures sanitaires prises dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Elle a reçu l’aval de Québec.

M. Montigny ne comprend pas que des mesures d’adaptation n’aient pas été mises de l’avant pour composer avec la situation. « Le gouvernement du Québec aurait pu faire partie de la solution, analyser d’autres options. La réflexion ne s’est pas faite longtemps pour trouver d’autres moyens », dénonce celui qui reproche à Québec d’avoir lancé la serviette trop tôt.

Il martèle que les conséquences seront graves, contrairement aux prétentions de la SOPFIM voulant que les impacts sur la survie de la forêt ne seront pas notables. « C’est beau de vouloir être rassurant et dire qu’on va pouvoir récolter, mais ce n’est pas vrai et l’histoire nous le démontre. »

Comme une tache d’huile

Le portrait de l’infestation de la tordeuse sur la Côte-Nord est loin d’être encourageant, malgré des arrosages depuis une dizaine d’années. « Ça fait comme une grosse tache d’huile qui s’étend graduellement vers le nord. On n’a pas réussi à prendre le dessus », souligne le maire.

Commencée sur la Côte-Nord, la dégradation de la forêt s’étend maintenant au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Si c’était sous contrôle, ça ne se serait pas étendu. C’est totalement faux de dire que c’est sous contrôle », martèle-t-il encore.

Il souhaite la création d’une cellule de crise. Vendredi matin, il rencontrait d’ailleurs deux dirigeants de PFR, secteur forêt, à la scierie des Outardes à Pointe-aux-Outardes.

Le maire veut qu’un dialogue soit engagé avec le gouvernement au sujet de la suspension des arrosages. « Il y a des mesures qu’on peut mettre en place pour ne pas que l’industrie forestière mange une volée. Il ne faut pas attendre de se retrouver avec des fermetures ou des non-réouvertures de la papetière. »

Et tant qu’à y être, M. Montigny réclame aussi la refonte du nouveau Régime forestier mis en place en 2013. D’après lui, les nouvelles règles ont été implantées pour satisfaire les Américains, mais au détriment des Québécois. « Ça nous a coulés sur la Côte-Nord. On ne s’en est jamais sortis. Je demande des modifications au régime forestier. C’est le temps de retravailler quelque chose qui n’a jamais marché. »

La crise de 2015

On se souviendra que les ravages causés par la TBE ont mené à une crise forestière sans précédent en 2015 dans l’industrie forestière de la Côte-Nord.

II aura fallu que deux ministres de l’ancien gouvernement libéral survolent en hélicoptère les parterres de forêt décimés par l’insecte pour que Québec accepte de conclure une entente de cinq ans avec Produits forestiers Résolu, Boisaco et Arbec afin d’atténuer les conséquences de l’infestation et de l’éloignement des parterres de coupe.

L’Entente Côte-Nord, qui devait se terminer à la fin de l’été 2020, a été reconduite pour un an, mais le milieu réclame son renouvellement dans son entièreté, c’est-à-dire pour cinq ans.

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