Le bal des finissants

Par Dave Savard 6:00 AM - 02 juillet 2021
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On aperçoit Dave Savard et Caroline Gagnon. Photo courtoisie

Il y a de cela déjà plusieurs années, je me rendais à mon bal des finissants. J’étais, si je peux dire, un adolescent typique. Oui, comme tant d’autres jeunes de mon âge, j’étais content d’aller à mon bal, mais sans trop savoir à quoi m’attendre puisque c’était le grand inconnu.

En chemin vers la polyvalente des Baies, là où j’étudiais et où avait lieu l’événement, je m’étais arrêté rendre visite à mon frère Éric pour lui montrer mon habit. Je n’ai même pas eu le temps de placer un mot qu’il m’a fait remarquer que ce que je portais n’était pas digne d’un bal des finissants. Ô malheur! Tel un grand couturier, il m’a vite vêtu de sa plus belle tenue d’apparat, et il en était bien fier.

Je me rappelle encore aujourd’hui le contentement que témoignait son sourire, comme s’il s’agissait de son propre bal. Je ne crois pas qu’à ce moment je réalisais la chance que j’avais d’avoir un grand frère autant attentionné qui m’a fait comprendre, à sa manière, que je m’apprêtais à vivre un des moments les plus importants de ma vie.

Et n’est-ce pas une étape majeure pour bien des adolescents qui, chaque fin d’année, terminent leurs études secondaires et prennent part à leur bal des finissants? C’est un rite de passage que nous avons l’occasion de vivre qu’une seule fois, et c’est ce qui me rend triste lorsque je prends conscience des jeunes qui n’ont pas eu de bal l’an passé et ceux qui le vivent cette année avec la Journée des finissants.

Le bal des finissants marque une transition importante dans la vie des adolescents, comme cela l’a été pour moi et bien d’autres jeunes avant moi quand j’y pense. Souvent considéré comme l’entrée dans la vie adulte, il contribue à l’estime de soi, à l’histoire d’une personne.

Ici, je ne cherche pas à débattre si les finissants de l’an passé ou de cette année doivent avoir un bal ou non du genre traditionnel, surtout avec les mesures sanitaires qu’ils sont contraints de respecter. Toutefois, si un tel événement devenait possible dans un futur rapproché, ces jeunes auraient leur mot à dire quant à la possibilité d’en avoir un en rattrapage, non? Des centaines de finissants du secondaire voudraient sans doute savourer ce moment unique de leur vie.

Il y aurait donc deux bals à reprendre si tel est leur souhait, un pour la cohorte de l’an passé et un pour celle de cette année, car il s’agit tout de même d’une expérience intime à vivre avec les gens que nous avons côtoyés. Je ne pense pas que ce soit le moment de tomber en panne d’imagination ou de prioriser des aspects financiers et logistiques, ou encore d’abandonner le rêve de nos adolescents de vivre cette expérience déterminante.

Pourquoi ne pas l’organiser et le réaliser – quand cela sera possible – avec tous ceux qui n’ont pu avoir la chance de vivre le bal des finissants pour que celui-ci soit à la hauteur de leurs attentes? J’espère qu’après ces rectifications, la tradition sera perpétuée sans autre interruption.

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